2010 : Paola Tejada-Lalinde – COMMU / ONG Platform on Shipbreaking / Exposition photo.

OBJECTIF : Conscientiser le public et les gouvernements sur la situation dramatique du travail de démantèlement des bateaux en Asie du Sud.

Cette organisation non-gouvernementale vise à conscientiser tant le grand public que les gouvernements sur la situation dramatique du travail de démantèlement des bateaux en Asie du Sud. Elle lutte pour améliorer la législation afin d’éviter l’exploitation humaine des ouvriers et empêcher la pollution de l’environnement.

 



Un projet impliqué socialement et écologiquement
Le jury a apprécié l’implication sociale et écologique de la réalisation proposée. Il s’agit en effet d’un événement culturel qui s’inscrit dans un contexte de lutte de l’ONG pour la création d’une nouvelle législation empêchant les pays développées d’envoyer leurs bateaux toxiques pour être démantelés sur les plages d’Asie du sud. Ce travail « délocalisé » contamine en effet les zones côtières du Bangladesh, de l’Inde et du Pakistan et exploite humainement une main-d’œuvre non protégée à la fois sur le plan social et sanitaire.



Des bateaux empoisonnés
Créée en 2005, NGO Platform on Shipbreaking travaille sur le thème du démantèlement de bateaux (shipbreaking) au niveau mondial.
80% des bateaux en fin de vie sont démantelés directement sur les plages d’Asie du sud. Ils sont envoyés sans aucun nettoyage préalable des déchets toxiques qu’ils contiennent, constituant un danger mortel pour l’environnement, les travailleurs qui les traitent et la population locale.
Selon l’Organisation Internationale des Travailleurs de l’ONU, le métier de shipbreaker est l’un des plus dangereux au monde. Le travail de shipbreaking est réalisé le plus souvent à mains nues, sans protections, ni bottes, ni masques. Il faut affronter le feu, l’amiante, les peintures toxiques, les biocides, les résidus de carburant et d’autres substances dangereuses qui se trouvent à bord des vaisseaux. Selon un rapport de Greenpeace et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, il y a environ un accident grave par jour et un travailleur meurt chaque semaine, écrasé par une plaque métallique, dans une explosion ou en inhalant des gaz toxiques…

Les ouvriers gagnent à peine deux dollars par jour et n’ont pas le droit de s’affilier à un syndicat. Ils ne reçoivent pas ou peu d’indemnisations en cas d’accident ou de décès sur les chantiers. Les enfants sont aussi concernés puisque, selon une étude des ONG locales, 20% des travailleurs ont moins de 15 ans.

Montrer la réalité lointaine
L’organisation NGO Platform on Shipbreaking désire sensibiliser un maximum de personnes à cette problématique du démantèlement, notamment par une exposition de photos. Les photos présentées seront celles de deux photographes professionnels activistes bangladais très respectés dans le milieu artistique : Saiful Huq Omi (www.saifulhuq.com) et Shaidul Alam. Elles mettent en lumière les terribles conditions de travail mais également les conséquences écologiques dramatiques pour l’environnement et la population au Bangladesh.